Les débuts d’Auckland ont été difficiles. Réellement difficiles. Forcément, sans connaître la langue, y a comme un hic pour chercher du boulot. C’est quand même passablement dur de savoir où l’on va, ce qu’on doit faire.
Mais votre intermittente du spectacle de haut vol sans trapèze et à filet dead-linisé avait la niâk et de la ressource. S’entend un urgent besoin de trouver un boulot.
124 heures de travail, 5 rames de papier envoyé en photocopie, 450$ de photocopies de CV, 4327 km arpentés à pied, 8736 heures de conversation de sourds avec de potentiels employeurs. (Ok, presque, pas tout à fait.)
En France, un CV, le travail, la rigueur de l’emploi, la sacro-sainte institution formelle qui déboite des caribous CV-lettre-de-motivation-expériences-votre-papa-il-fait-quoi.
En Nouvelle-Zélande : deux ou trois conversations sur les endroits que les patrons avaient visité en France, une dizaine de réflexions à propos d’un match de rugby gagné par les bleus contre les all blacks (ça fait des années, ça n’a jamais été avalé), une comission à faire à un autre resto typée “si tu croises le patron quand tu iras postuler au T., trois restos à côté, tu pourras lui dire que je lui ramène bientôt ses cuillières ?”, un sms qui me dit que le monsieur a eu mon numéro sur mon CV et que je suis “pretty hot” dans mes doc martens. Benh voyons.
Décidemment, c’est une autre culture.
(Sinon, un emploi, non ?)


