“Je cherche une île pleine d’oiseaux.
-… Pardon ?”
Non, ok, recontextualisons. L’histoire de Kapiti Island, d’un point de vue Pirate-prophétique, commence au premier endroit où votre narratrice a posé ses bagages, c’est à dire dans la maison cossue d’un couple de français en banlieue d’Auckland. (Pour le background, tentez de vous figurer le lotissement de Desperate Housewives en baissant d’un demi cran social peuplé par les figurants de Chéri j’ai rétrécit les gosses.) Dans cette dite maison, passées deux allemandes, vivait aussi un canadien qui se rendait, le jour de mon départ, sur une île pleine d’oiseaux (dont le nom n’avait pas réellement imprimé ma mémoire). A l’époque, sans en savoir vraiment long au sujet de la Nouvelle-Zélande et toujours emballée par les oiseaux (devrais-je à ce sujet vous exposer ma gigantesque collection de photos floues de spécimens endémiques locaux ?), il me parut évident que, sans trop savoir ce que j’allais faire ici, je serai à un moment précis les deux pieds sur Kapiti, ce qui, soit dit en passant, amorça mon périple.
“- Je cherche une île pleine d’oiseaux.
- …Pardon ?
- Une île avec que des oiseaux. Je ne sais plus le nom.
- Kapiti ?”
( Conversation entre la-dame-du-centre-d’information et Pirate-Prophet.)

Faute d'avoir réussi à photographier correctement des oiseaux, j'ai pris le parti de vous montrer des choses qui bougent moins. Genre des arbres.
C’est ainsi qu’une fois rendu à Paraparaumu Beach, j’embarquais à bord d’un bateau, lui-même posé sur un tracteur, le tout dans un parking. (Comprenne qui pourra mais tout à été soigneusement mis à l’eau après coup, si ce n’est le parking.) Ce fut la première fois que je vis cette étrange canopée d’arbres si caractéristiques.
“Gardes tes photos pour plus tard. C’est un conseil.”
(Monsieur inconnu à la descente du bateau.)
Sur Kapiti Island, le jeu est simple. On vous lache sur le rivage à 10h, on vous prévient que le bateau revient à 15h. Entre temps, vous vous amusez comme un petit fou à rater des photos sur plein d’oiseaux bizarres que vous entrevoyez. Le DOC a patiemment éliminé tous les chats, rats et autres possums pour fonder une réserve naturelle d’oiseaux, seules espèces endémiques. Dans les faits, ça s’appelle Kereru, Miromiro, Tieke, Takahe, Tui (le cri le plus drôle du monde allant de la sonnerie de portable aux bruits gastriques en passant par l’électro minimaliste), Toutouwai (très chou, celui-ci). Ca s’appelle aussi Kiwi mais soyons réalistes, les personnes qui l’ont vu se comptent sur les doigts d’un manchot. Ca s’appelle aussi Weka et ça cherche à démolir votre sac posé au sol, ça s’appelle aussi Kaka et ça se pose sur vos épaules pour vous faucher votre casse-croute. (Légalement, il est d’ailleurs interdit de les nourrir, c’est vous dire s’il s’agit de courir pour récupérer son bout de sandwisch.)
Au final, cinq heures de pur plaisir à cavaler sur le petit sentier en pleine jungle kiwi, à supporter un vacarme de tous les diables de cris et de chants surréalistes, à se fouler toutes les vertèbres du cou et à trébucher sur toutes les racines, la tête vissée en direction des branches.
Kapiti Island (http://www.doc.govt.nz/parks-and-recreation/places-to-visit/wellington/kapiti/kapiti-island-nature-reserve/)
- Deux points de chute possible : Rangatira ou le North End.
- Nécessite une authorisation spéciale du DOC à demander sur internet ou dans un bureau du DOC. (http://booking.doc.govt.nz/Menu.aspx?sg=KAP)
- Prix du bateau : autour de 50NZ$
- Possibilité de dormir sur place au North End si vous voulez essayer d’être comptable sur les doigts d’un manchot.
Note : N’hésitez pas à réserver à l’avance en période pleine, le nombre d’autorisations par jour est limité.

Le bush déboite.